Pumataghju en Nouvelle-Zélande

Avec la coupe du Monde de Rugby, j’imagine qu’il vous a été impossible d’avoir passé un mois de septembre sans entendre parler de ce pays à l’autre bout de la planète. Ce mois-ci, j’en remets une couche ! Laissez-moi vous présenter la Nouvelle-Zélande comme je l’ai découverte : en pumataghju, il y a deux ans avec mon ami Elie, un jeune lyonnais rencontré en Australie.

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La Nouvelle-Zélande, Aotearoa en Maori, est un pays constitué de deux îles. Tout commence sur l’Île du Nord « Te Ika-a-Maui » : le poisson de Maui . Equipés de nos sacs à dos bien lourds et bien remplis, mon compère et moi-même débarquons à Auckland, la plus grande ville du pays. Direction : inconnue. On est là, maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?

En discutant un peu dans notre auberge de jeunesse, on nous parle d’un plan attractif. Il semblerait que régulièrement, les loueurs de camping-car cherchent des gens pour ramener les véhicules dans l’Île du Sud, en une durée limitée et pour un prix dérisoire. Voyager en camping car, nous ne l’avons jamais fait. Ni mon ami, ni moi. Alors après tout, pourquoi pas ! Nous nous rendons sur place, et effectivement, ils ont besoin de quelqu’un. On nous amène à notre véhicule.

« La Bête ». Un camping-car énormissime. Comme ceux qui nous rendent fous sur les routes du cap l’été. A l’intérieur, deux « chambres », un frigo, une cuisinière, une salle de bain (!), une télé et un lecteur DVD. Tout confort ! Notre mission, si nous l’acceptons : ramener la bête entière à Christchurch, dans l’Île du Sud, en cinq jours. Ca tombe bien, c’est le délai que nous nous étions donnés. Mission acceptée.

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Au revoir Auckland, nous voici sur la route. Nous avons quelques jours pour faire un tour sur l’Île du Nord avant de prendre le ferry pour aller jusqu’à l’Île du Sud. Pied au plancher, nous décidons de pousser la bête et doubler à tour de bras. Et croyez-moi : malgré leurs aspects de tanks, ces choses là, ça avance ! Sachez le pour l’été, les touristes allemands n’ont aucune excuse pour rouler à trente à l’heure.

C’est à Rotorua, au bord d’un lac, que nous passerons notre première nuit. On nous a prévenus, il semblerait que des gangs organisés sévissent dans la région. « Surtout, les gars, ne garez pas votre véhicule n’importe où. Ces gangs, ils sont spécialisés dans les attaques de camping-car ! ». Malgré le peu de crédibilité que nous accordons à un tel avertissement, nous ferons tout de même attention. Après tout, qui n’a jamais scuzzulé une voiture de touristes pendant qu’ils dormaient dedans ? (Rassurez-moi, vous aussi, vous l’avez déjà fait, hein ?)

Mais il semblerait que les gangs organisés n’aient pas dénié mettre un pied dehors par la température glaciale de la nuit. Nous profitons du spectacle offert par le brouillard qui se dissipe sur le lac au petit matin avant de nous diriger vers un célèbre parc naturel du coin, où nous allons pouvoir observer un geyser. Ok, dit comme ça, ça n’a pas l’air très passionnant. Et bien dans les faits, ça ne l’est pas beaucoup non plus. Un geyser, au final, c’est juste de l’eau qui sort de terre avec beaucoup de pression. Et celui-ci opère tous les jours de l’année à la même heure : 10h pétante. C’est inscrit partout dans les guides. Sauf que ce jour là, manque de pot, c’est le jour du changement d’heure. Là bas aussi, on passe à l’heure d’été. Et pourtant, le geyser commence toujours à la même heure, d’après la gardienne du parc. Bizarre… Nous prendrait-on pour des idiots ? Après tout, c’est un phénomène naturel, et cette histoire de changement d’heure, ça a quand même été inventé par l’Homme. Enquête.

–          Excusez-moi Madame, mais normalement, il devrait entrer en action vers 9h, non ?

–          Euh… Non non, 10h ! Comme tous les jours ! répond-elle un peu gênée

–          Oui mais quand il était 10h hier, il est 9h aujourd’hui, Madame !

–          Euh… Oui mais non, le geyser a adapté sa montre lui aussi, héhé ! tente-t’elle en plaçant sa petite blague.

Je fais semblant de trouver ça amusant et reprend mon dialogue.

–          Ahah. Bon, super, mais plus sérieusement, Madame. Qu’est-ce qu’il se passe ? Quelqu’un actionne un bouton et pouf, le geyser se réveille ??

–          Ok, ok. J’avoue. On l’aide un peu. Mais c’est naturel quand même !!! En fait, le geyser explose quand ses cuves sont entièrement remplies. On a juste rajouté un truc au fond pour que ça se remplisse plus vite, ça nous donne un certain contrôle là-dessus. Mais chut !!

Et voilà, enquête menée, mystère percé. Un peu dégoutés d’assister à ce spectacle pour pigeons, nous continuons notre visite. Après tout, on arrive bien à trouver du saucisson d’âne chez nous. Il fallait bien se douter qu’on n’était pas les seuls à vouloir piéger les touristes ! Le reste du parc vaut quand même la peine. Des trous volcaniques, des couleurs incroyables, de la vapeur de partout… Qui sait, si ça se trouve ça ne sont même pas des effets pyrotechniques !

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De retour sur la route, c’est vers Taupo, un peu plus bas, que nous nous dirigeons pour une activité un peu plus excitante : le saut en parachute ! La Nouvelle-Zélande est réputée pour être LE pays des sports extrêmes. Les touristes ici semblent en perpétuelle quête d’adrénaline. Alors on a voulu tenter ça, nous aussi. Nous nous inscrivons pour un saut à une altitude de 15 000 pieds. Aucune idée de combien ça fait en mètres, mais depuis l’avion, on arrive à voir les deux côtés de l’île. Dont la superficie fait… treize fois la Corse.

Mon moniteur, un illustre inconnu accroché dans mon dos, s’approche de la porte. Nous sommes les derniers, tout le monde a déjà sauté. Je prends deux secondes de recul sur la situation : perdu seul dans un avion à l’autre bout du monde avec un type dont je ne connais même pas le prénom et en qui je dois accorder ma confiance la plus totale, je l’entends me demander de faire un sourire. Complètement crispé, le cœur battant aussi fort qu’un tambour de machine à laver en mode séchage, le temps de comprendre ce qui se passe, je sens mon corps basculer. C’est la fin. On a sauté. Enfin non, il m’a poussé. Honteusement, sans prévenir. Nous chutons à une vitesse incroyable, je me dis que ça y’est, je vais m’écraser là, sur une île qui n’est même pas la mienne et dont les habitants sont surnommés les Kiwis. Mais au bout d’une minute interminable, le parachute s’ouvre avec un grand choc, et nous voici en train de flotter dans les airs. Tranquillement. Finalement, c’est même plutôt sympa, la vue d’ici.

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De retour sur la terre ferme, nous traversons des paysages dignes du Seigneur des Anneaux, tourné dans les environs. On s’attendrait presque à voir des Hobbits sortir de derrière les collines en jouant du flutiau.  Nous prenons le ferry à Wellington pour rejoindre l’Île du Sud, « Te Wai Pounamu », « Le bateau de Maui » en Maori, en quelques heures. Arrivés à Christchurch, nous rendons le camping-car. Pour le début d’une nouvelle aventure. En stop.

A peine sortis de la ville, nous prenons une grande respiration, et levons le pouce. Maintenant, c’est une question de temps et de chance. Et de la chance, nous en aurons, puisque nous allons réussir à traverser l’île entièrement de cette façon là. Chaque nouvelle voiture est une nouvelle aventure : le van d’un couple de jeunes hippies allemands, le camping-car d’un couple de touristes chiliens, un néo-zélandais producteur de plantes médicinales à légalité douteuse, une famille BCBG qui nous a nourris et baladés, deux indiens dans leur tacot pourri, et surtout… un fourgon de cinq californiennes en train d’enchaîner les packs de bière. Bon, malheureusement, elles ne sortaient pas vraiment d’Alerte à Malibu (sinon j’aurais mis leurs photos, vous pensez bien !) et elles nous ont abandonné au bord de la route. Mais nous avons toujours trouvé des gens, parfois assez improbables, pour nous ramasser et nous faire découvrir ce pays incroyable.

Allora, l’estate chì vene, un minate micca i pumataghji ! Pigliateli in stop !

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Article également publié dans le magazine Aria de la compagnie Air Corsica sous le titre « Sur les routes de Nouvelle-Zélande », dans le numéro d’octobre 2011.

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2 Responses to Pumataghju en Nouvelle-Zélande

  1. Petru août 26, 2015 at 21:05 #

    J’adore ce pays. Beau reportage, j’ai beaucoup riz, mi so campu !

  2. Petru août 27, 2015 at 09:51 #

    MDR …! Je voulais dire : j’ai beaucoup rit !

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